Dites Adieu aux régimes!

Et sortez le Champagne, les feuilletés-saucisse et l’Opéra pour fêter ça!

(Ça crie hein? Ne me remerciez pas)

Aujourd’hui je souhaiterais vous expliquer pourquoi les régimes ne fonctionnent pas. Bon, par contre, oubliez aussi le Champagne, les feuilletés et le gâteau, c’était pour rire (faut pas charrier non plus).

Des méthodes miraculeuses pour perdre du poids, il en existe des centaines – il suffit d’arpenter le rayon dédié à l’hyper du coin – du régime hyperprotéiné, à la soupe au choux, en passant par la diète cétogène, et, bien sûr, le plus universel, recommandé même par les diététiciens, le régime hypocalorique. On continue à les vendre et à les acheter en masse, lorsque, pourtant, il est prouvé scientifiquement que les régimes échouent presque systématiquement.

Non pas que vous ne perdrez pas de poids! Perdre du poids est extrêmement facile, je connais même une méthode qui marche à tous les coups : arrêtez de boire et de manger pendant une dizaine de jours, vous maigrirez (par contre, vous terminerez aussi sûrement à l’hôpital)!

Essayez le régime Epinards!

Mais c’est maintenir le poids atteint qui est très compliqué. D’ailleurs, les chiffres ne mentent pas : 80% des personnes reprennent le poids perdu dans l’année, 95% au bout de trois ans.

Mais que peut-il bien se passer dans notre corps quand on fait un régime?

En résumant très grossièrement, nous avons besoin de glucides pour faire fonctionner la grosse majorité de nos organes, de lipides pour notre cerveau, de protéines pour nos muscles. En marche optimale, nous devrions manger à notre faim, c’est à dire, dans la quantité équivalente à ce que nous dépensons en énergie chaque jour.

L’objectif de notre corps est de pouvoir fonctionner correctement : il n’est donc là, ni pour se plier au diktat des magasines féminins pour un corps « bikini » avant l’été, ni à nos pots de crème glacée en cas de coup de mou (ça marche aussi avec le pâté en croûte ou le Brillat-Savarin). En somme, il n’en n’a que faire de nos excès. Lui, il fait ce qu’il peut pour que la circulation soit la plus fluide possible.

Pour perdre du poids, bien que les méthodes soient plus ou moins exotiques, il n’y a pas 100 000 solutions : c’est mathématique, il faut que l’apport calorique quotidien soit inférieur à la dépense énergétique (on comprend bien l’intérêt du régime hypocalorique, puisque c’est là son principe).

Mais évidemment, dans la réalité, ce n’est pas si simple!

Notre dépense énergétique est l’addition de notre métabolisme de base, c’est-à-dire l’énergie nécessaire au fonctionnement de nos organes, et de nos dépenses liées à notre activité physique.

Lorsque nous réduisons de manière drastique notre apport alimentaire (jeûne ou régime restrictif qui promet une perte de poids rapide), nous provoquons un stress majeur pour notre corps.

  • La première chose que nous allons perdre (les fameux -4kg en une semaine), c’est de l’eau… Et ça compte pour du beurre!
  • En manque d’énergie, le corps va se mettre « en sécurité » et va donc limiter certains échanges biochimiques pour économiser de l’énergie. Eh, oui, encore une fois, lui, ce qui lui importe c’est de survivre. Parallèlement, il va puiser dans ses réserves. Naturellement, il va creuser, en priorité, dans les réserves musculaires, entrainant une perte de la masse musculaire. Et ça, c’est pas bien. Pourquoi? Parce que le muscle demande plus d’énergie pour fonctionner que le gras (qui n’en a pas besoin). Résultat des courses, voilà votre métabolisme de base ralentit a court terme, en réaction à « la famine », et à long terme, en raison de la fonte musculaire.
  • A la baisse d’efficacité du régime sur la durée, (en raison du ralentissement de notre métabolisme donc – les fameux « palliers »), s’ajoute un message clé envoyé par notre cerveau : la faim. Logique! Votre corps ayant besoin de survivre, il vous somme d’aller chercher de la nourriture, et si possible la plus riche possible!
  • Vous voilà déjà mal engagé.e.
  • Et vous voyez que je n’ai même pas encore abordé l’aspect psychologique du régime, ses frustrations, ses doses de culpabilité, etc. etc. Pourquoi? Parce qu’avant même de « craquer » par ce qu’on pense être un manque de volonté, on est rattrapé par le physiologique.
  • Si l’on ajoute à ça la pression sociale des repas, la fatigue, les ennuis au travail, les enfants qui crient, les copains qui se moquent (au régime? Mais pourquoi?!), le conjoint qui se gave de chips à l’apéro, on comprend bien qu’il est TRES difficile de suivre un régime sur le long terme.

Alors on craque, ou on relâche la pression… Et comment réagit le corps? Oh, bah lui, il s’en contrefiche que vous rentriez à nouveau dans la super petite robe noire de la pub en 38… Non, lui, ce qu’il veut, c’est « revenir » à l’avant. C’est à dire récupérer tout ce qu’il a perdu (m’enfin, vous l’avez stressé, ne l’oubliez pas!).

Alors il vous encourage à consommer comme avant. Sauf que, vous vous souvenez que vous avez perdu quelques muscles dans la bagarre et que votre corps s’est mis en mode « sans échec »? Eh oui! L’assiette alimentaire d’avant, quand vous faisiez un 42, et bien elle est tout à fait parfaite pour vous faire rentrer dans un 44!

C’est le fameux cadeau Bonux de l’effet Yo-Yo !

Ca y’est je vous vois venir : Mais alors, comment faire pour perdre du poids?

On l’aura compris, notre corps, il n’est pas fait pour ça, perdre du poids. En général, quand il maigrit tout seul c’est qu’il vieillit ou qu’il est malade, alors, lui, il préfère franchement stagner, ou pourquoi pas, croître, un peu comme quand on grandit, mais à l’horizontal.

Le coup des muscles qui fondent, ça, tout plein de médecins ont planché dessus (c’est la fameuse course à qui trouvera le régime miracle). Ils ont proposé des parades : entre autres, la surconsommation de protéines ou la consommation quasi exclusive de lipides… Des régimes particulièrement déséquilibrés donc. Pour les protéines en trop, le risque est de fatiguer les reins, ce qui peut être vraiment dangereux à terme. Pour le régime cétogène, il se pose plusieurs problèmes : les principaux sont le choix des lipides et le maintien en cétose (le régime cétogène, passionnant à plusieurs égards, fera sûrement l’objet d’un article dans un futur proche).

On aurait bien essayé le sucre, mais malheureusement, ce dernier est obésogène. En gros, même si je réduis mon apport calorique, si je ne consomme que du sucre, mon foie ne saura pas quoi faire de l’excès et le transformera immédiatement en graisse. En plus, à terme, cela le fatigue et provoque la stéatose hépatique (ou maladie du foie gras).

Nous voici face à un mur… En fait, pas vraiment un mur. Je le décrirais plutôt comme une grande colline, à la pente douce.

Comme Joe, allez siffler sur la colline!

Pour maigrir, finalement, la « bonne » solution, c’est, sans doute, d’effectuer des changements sur la durée, suffisamment légers pour ne pas alerter l’organisme. D’une part, au niveau de l’alimentation (comme, par exemple, arrêter de sucrer le café, puis ne pas prendre de dessert 3 fois par semaine, boire un verre d’eau avant chaque repas, etc.), mais aussi, au niveau de son activité physique. Il est essentiel de relancer la machine. En augmentant la dépense énergétique (d’activité mais surtout basale) et en réduisant progressivement l’apport alimentaire, vous devriez perdre, jusqu’à atteindre l’équilibre.

Alors, attention, l’équilibre ne veut pas dire le poids de vos 20 ans ! Votre équilibre a certainement changé au fil du temps. Ce qui importe réellement c’est que vous vous sentiez en forme et en bonne santé. C’est une entreprise longue, certes, mais elle est durable!

Maintenant, si vous voulez toujours tenter le régime Duchmock qui vous promet de perdre 18kg en 6 semaines grâce à des sticks colorés, foncez! Après tout, 5% ont bien réussi!

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